Jour 1. L’avion atterrit à 14h. La piste est courte, le terminal est un hangar, il y a des chiens qui dorment à l’ombre des bananiers. Bienvenue à Siargao.
Jour 3. Première session à Cloud 9. La vague est plus puissante que prévu. Je rate les trois premières, je comprends la quatrième. Allan regarde depuis le lineup sans rien dire. Après, il me dit juste : “Tu regardes trop la mousse. Regarde plus loin.”
Jour 7. Je commence à reconnaître les visages. Le vendeur de noix de coco à l’entrée du chemin de Cloud 9 s’appelle Boy. Il est là depuis vingt ans. “Avant les touristes, j’avais cinq clients par jour. Maintenant j’en ai cinquante.” Il dit ça sans colère. Juste un constat.
Jour 11. Interview avec Marco, le shaper. Son atelier sent la résine et la lumière. Il me montre une planche qu’il a faite pour son père en 1994. Elle est encore parfaite.
Jour 15. Journée sans vagues. On prend un bateau pour aller sur l’île d’à côté. Pas de résort, pas de WiFi. Deux familles de pêcheurs, un chien roux, des palmiers qui penchent vers l’eau. On mange du poisson grillé à même la main.
Jour 21. La saison change. Les houles du nord s’arrêtent. L’eau devient différente — plus douce, plus plate. Allan dit que c’est le moment où ceux qui sont vraiment là restent, et les autres rentrent chez eux.
Jour 28. Dernière session. Personne d’autre dans l’eau. Allan, moi, les vagues. Il surfe une série en silence. Je le regarde plus que je ne surfe. Je prends quelques photos, puis je range l’appareil.
Certaines choses ne se photographient pas. Elles s’emportent différemment.
Jour 30. L’avion repart à 7h. La piste est courte, le ciel est rose, il y a des chiens qui dorment à l’ombre des bananiers. Je regarde l’île jusqu’à ce qu’elle disparaisse dans les nuages.
Je reviendrai.